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                                                                          Les reclus

 

« Au Moyen-Âge, (475-1450 environ), le reclus était un ascète ou pénitent qui vivait, isolé du monde, dans une cellule (recluserie ou reclusoir) attenante à une église ou un monastère. » (Ici, seront évoquées plus particulièrement les recluses car plus représentatives de ce courant spirituel.)

Cet enfermement ou confinement dans un très petit espace se faisait au milieu des villes, au centre des agglomérations, à l’inverse de l'isolement des ermites !

Les recluses étaient plus particulièrement nombreuses aux XIV° et XV° siècles en France. Des témoignages, des écrits, des archives existent. Victor Hugo leur a consacré un chapitre dans « Notre Dame de Paris », appelé « Le trou aux rats », livre VI°(qui peut être retrouvé sur Internet). Les reclus existaient depuis longtemps en Inde. Le reclus cherchait à s'isoler, à rétrécir son espace pour être seul et se recueillir. Il était à la recherche d'une « quête salvatrice » « de la paix intérieure », « d'un tête à tête avec Dieu ».

« Ce choix était quasiment toujours volontaire ». Il pouvait durer un certain temps ou être définitif. Les raisons, pour les femmes, étaient parfois moins spirituelles. Elles « voulaient échapper à leur conditions de pauvreté, fuir l'insécurité ou éviter un mariage forcé » d'autant plus que les couvents féminins n'étaient pas assez nombreux.

Le reclusoir : « petit édifice clos, muni d'une fenestrelle grillagée pour passer la nourriture et le bois de chauffage, d'une petite ouverture au sol dans la cloison qui le séparait du bâtiment annexe (pont, église, chapelle...) et d'un hagioscope (hagio, en grec : saint – scope, en grec : voir) petite ouverture ou oculus donnant sur le chœur d'une église, pour suivre les offices religieux ou adorer le Saint-Sacrement ». Le lit était une simple planche de bois !

Ne pouvait s'enfermer dans un reclusoir que la recluse qui obtenait l'accord d'un évêque ou d'un abbé. La ville aussi avait son mot à dire puisque que la recluse allait être à la charge de la communauté. Pour la construction du reclusoir, si la recluse avait des biens, elle participait à son édification, sinon la communauté s'en chargeait. La recluse passait un « examen de conscience » pour qu'on puisse connaître et être sûr de ses motivations, de la sincérité de sa demande.

« Le reclusage ne doit pas être un prétexte à l'oisiveté ! » « Un rituel d'entrée en réclusion comprenait des rassemblements et une procession, empruntés à la liturgie des défunts ». L'évêque du lieu lui administrait l'extrême onction. La cellule était alors murée, sans possibilité de sortir pour la recluse.

 

Mais si la recluse était enfermée dans sa toute petite cellule, elle était rarement seule ! Elle avait de nombreuses visites d'où la présence de la« fenestrelle », petite fenêtre grillagée. Elle recevait de la nourriture, des dons, des images saintes parfois. Elle dépendait totalement de son entourage. En échange, elle priait pour les vivants et les morts. Grâce au contrat tacite établi entre elle et la communauté, la recluse était leur lien avec Dieu. « Sorte de bouc émissaire des peuples pécheurs, intercesseur qui prie pour la cité qui la nourrit ». « Elle est là pour prier Dieu afin d'épargner à la cité, la guerre, les famines, les épidémies. »

 

Sources : dictionnaire, Google. Citations entre « - »

Valérie Krowicki

Des ermites aux moines bénédictins

Moine : du grec monos = seul

Les ermites des déserts de Palestine, d'Égypte et de Syrie ne mènent pas une vie sans danger : bêtes féroces, conditions climatiques difficiles, alimentation incertaine, troubles psychologiques dus à une trop longue solitude... qui entraînent des abandons.

Au IVe siècle, en Égypte, saint Pacôme, ancien soldat de l'armée romaine, baptisé après avoir été recueilli par des Chrétiens, commence par mener une vie érémitique, puis organise une première communauté avec des frères ermites.

Il est le « Patriarche des cénobites » (moines en communauté). Il rédige une Règle, dite de « saint Pacôme ». Au Ve siècle, Benoît de Nursie (v. 480-v. 547), qui a connu aussi l'érémitisme, fonde un monastère au sud-est de Rome, au mont Cassin et « contraint les ermites à se fixer ».

 

Il rédige une Règle, dite de « saint Benoît » (73 articles), qui organise et codifie la vie matérielle et spirituelle que les moines de cet ordre contemplatif sont tenus de suivre scrupuleusement. Elle est toujours en vigueur aujourd’hui. « Voici la loi sous laquelle tu veux combattre. Si tu peux l'observer, entre. Mais si tu ne peux pas, tu es libre de te retirer. »

Elle prône le renoncement à soi-même pour suivre le Christ et « remettre Dieu au centre des cœurs et des vies ». Elle fait une très large place à la prière, en commun ou seul, dans le silence, à la contemplation, à la méditation, à l'Eucharistie (sept offices de jour et un de nuit), au chant ou à la psalmodie des psaumes en chœur...

 

 

Il est demandé de participer à toutes les tâches, manuelles, intellectuelles, spirituelles (selon les possibilités et dons de chacun), de s’adonner à la pauvreté : tout partager, « ne rien avoir à soi, en propre », l’amour de l’autre : se montrer bienveillant avec les autres frères, les pèlerins, les hôtes, les visiteurs, l’aumône : aider les pauvres, la chasteté : mener une vie d'ascète, au respect des personnes et des choses, bref, à l’obéissance totale à la Règle et au Supérieur du Monastère. « Bien-aimés, vous tous, les uns envers les autres, prenez l'Humilité comme tenue de service ». (Première lettre de Saint-Pierre 5, 5b-14)

Le monastère bénédictin Le monastère bénédictin (du nom de saint Benoît) est édifié à une certaine distance des habitations, dans une vallée, un espace boisé, une montagne… . « Isolé des tentations du monde, enveloppé de silence, c’est l’image par excellence du Paradis ». Il reprend la forme de quadrilatère des demeures grecques et romaines, sans fenêtres sur l’extérieur, avec une cour centrale (atrium), qui sera le cloître, « à l’abri de l’agitation et du bruit ». L’église du monastère imite les « basiliques » romaines, « divisées en trois nefs par des colonnes ». (Elles étaient des lieux de réunions et d’échanges). L’église tient une place essentielle. Elle accueille la communauté pour les huit offices liturgiques quotidiens, pour la prière et l’Eucharistie. Le cloître est lui aussi un lieu de prière et de méditation pour le moine ; il représente « la contemplation dans laquelle l’âme se replie sur elle-même ». C’est un carré et chacun des quatre côtés est bordé de colonnes (le nombre quatre renvoie à la forme idéale du Saint des Saints du temple de Jérusalem, aux quatre vertus cardinales, aux mots « YHWH », « INRI », aux quatre Évangélistes). On y trouve quatre massifs de plantes et fleurs, quatre allées « à l’image des quatre fleuves de l’Eden dont furent chassés Adam et Ève ». Ainsi les monastères bénédictins sont conçus comme « la Cité Idéale », à la recherche de « la perfection architecturale et humaine ».

« Ne rien exiger qui dépasse ou détruit la nature humaine mais au contraire proposer un chemin d’épanouissement dans le possible de l’homme animé par la Grâce de Dieu. » (saint Benoît de Nursie) « Le moine est un homme qui s’est séparé de tout et de tous, mais se sent tout de même uni à tout et à tous. » (saint Évagre le Pontique, moine du IVe siècle) « Nous pouvons transformer la douleur de l’isolement en une expérience spirituelle en prenant conscience d’être reliés à tous les hommes dans notre solitude. » Sources : Google / Livre d’histoire l’Antiquité Isaac / Anselm Grün Quelques exemples de lieux ayant abrité des ermitages dans notre région Nous savons que depuis le Moyen-Âge, saint Adrien, saint Sébastien, saint Roch, saint Antoine, étaient vénérés par des ermites dans des chapelles et autres lieux isolés. Les grottes calcaires des boucles de la Seine s’y prêtaient.

 

On cite parmi elles, celles d’Orival, du Mont-Gargan, de Saint-Gilles-de-Repainville, de La Bouille, Notre-Dame-deBarre-y-va, près de Caudebec-en-Caux, de Bosc-Michel, de Thiergeville dans le canton d’Yvetot, où des ermites vivaient dans deux grottes (encore visibles aujourd’hui) creusées dans la roche au milieu du bois Tranchard, instruisant les enfants du village, de Colleville, près de Valmont, où un solitaire vécut jusqu’en 1789.

Près de Rouen, on pense que, durant l’hiver, les ermites de Saint-Adrien occupaient la grotte où se trouve actuellement la chapelle (visites possibles).

L’été, ils rejoignaient les trois grottes supérieures, mieux aérées. D’après G Dubosc, « En 1309, les ermites de Saint-Augustin vinrent se fixer à Rouen, en vertu d’une charte de Philippe-le-Bel : tout porte à croire que les ermites, qui plus tard se succédèrent dans les cavités isolées de Saint-Adrien, faisaient partie du même ordre et on peut en prendre pour preuve qu’une confrérie, érigée en l’église des Augustins à Rouen, en 1651, possédait un banc dans l’église souterraine. » Sources : Les Habitations Souterraines en

 

Normandie (1900) de Georges DUBOSC (1854-1927) Site Cirkwi en ligne